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Félix Tshisekedi : grand oral réussi !

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Article de le Phare.

Après la clôture de l’opération de dépôt des candidatures à la présidentielle du 23 décembre 2018, l’heure est à présent à la pré-campagne électorale. Dans ce créneau, les présidentiables semblent se focaliser sur leurs projets de société.

Le premier à se jeter à l’eau, c’est le président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Félix Tshisekedi.

L’homme a passé et réussi brillamment son grand oral hier mercredi 15 août à l’hôtel Béatrice, dans la commune de la Gombe, en présence d’un impressionnant bataillon des professionnels des médias, mais aussi de certains de ses adversaires à la présidentielle, dont Adolphe Muzito et Martin Fayulu, des diplomates, des chefs des partis et regroupements politiques alliés à l’UDPS, ainsi que des cadres et militants de son parti.

Après avoir brossé les grandes lignes de son programme de gouvernement, lequel devrait s’articuler autour d’un budget évalué à 86 milliards de dollars américains, à étaler sur 10 ans, avec pour défi majeur de vaincre la pauvreté, le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi en a appelé à un large rassemblement des forces politiques et sociales autour de son plan d’action.

Egrenant quelques chiffres, Félix Tshisekedi s’est déclaré capable de porter la croissance du pays à 25% par an et le PIB à 11,75 dollars par jour, soit 4.288 dollars américains par an.

          Le président de l’UDPS a pris l’engagement de faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, de même que la lutte contre les inégalités sociales grâce à une justice distributive.

          Félix Tshisekedi s’est également engagé à combattre les antivaleurs qui bloquent le décollage de la République Démocratique du Congo, notamment l’enrichissement sans cause, le culte de la personnalité.

          Pour sortir la RDC de sa situation infernale actuelle, il compte opérer des grandes réformes dans tous les domaines de la vie nationale : les finances publiques, la justice, la défense, l’administration publique, etc…

          Répondant à ses détracteurs qui le taxent de manque d’expérience professionnelle, l’héritier politique et biologique d’Etienne Tshisekedi a reconnu qu’il lui manquait effectivement l’expérience dans le pillage des ressources nationales, les crimes de sang, la corruption… arrachant à ses partisans des ovations sous les airs de « Fatshi maboko pembe… zéro virus ».                            ERIC WEMBA   

          

PROGRAMME DE FÉLIX TSHISEKEDI TSHILOMBO (EDITION PRÉSIDENTIELLE 2018)

Mon engagement

 

Mes chers compatriotes,

Avec l’élection présidentielle du 23 décembre 2018, la République Démocratique du Congo (RDC) prendra un nouveau départ qui pourra être le bon,  celui qui permettra l’alternance démocratique!

Nous aurons ainsi mis fin au cycle infernal des crises de légitimité récurrentes. Voilà le fait majeur qui marque un tournant décisif pour notre pays.

Cette élection présidentielle est, pour moi, une occasion de nouer un dialogue avec les Congolaises et les Congolais, pour les entendre et pour leur parler.

La situation actuelle de notre pays est comparable à un avion en voie d’atterrissage sous un temps orageux. Les Congolais s’interrogent avec anxiété sur leur devenir, its hésitent sur l’idée qu’ils ont d’eux-mêmes. Les voici partagés par des inquiétudes légitimes. Ils sentent combien le potentiel de notre pays a été si souvent gaspillé.

 

La crise est sévère, nous en mesurons la gravité.

            Cette situation de convulsion politique dramatique a été voulue, planifiée et entretenue par un pouvoir illégitime finissant. Notre pays et notre peuple, ont connu toutes les abominations.

 

Cela doit finir.

 

Pour répondre à cette exigence, je me porte candidat à l’élection présidentielle de cette année dans notre pays, la RDC.

Je me réjouis donc de partager avec vous l’enthousiasme pour ce nouveau départ et aussi mon ambition, nourrie par la vision qui m’anime, d’un meilleur devenir de notre mère-patrie.

Car, il nous faut bâtir un pays plus beau, une nation sans pauvreté.

Le chemin qui mène de la pauvreté au bien-être du peuple congolais, a été balisé par le projet de société de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, qui est ma principale source d’inspiration.

Par ailleurs, agissant au nom de l’ensemble de la communauté internationale, les Nations-Unies, ONU, guidées par la conviction que la paix durable et la sécurité internationale ne sont possibles que sur la base du bien-être économique et social assuré pour tous, ont promu le projet, dénommé «Objectifs du Millénaire pour le Développement», OMD, destiné à réduire l’extrême pauvreté et à construire un monde plus sûr,

 

Devant la défaillance du pouvoir sortant de conduire le peuple vers le mieux-être, ce beau rêve a, malheureusement, tourné au cauchemar!

Pour ma part, Congolaises et Congolais, je vous invite de nous rassembler autour de mon Programme.

Solidaires et rassemblés, nous ferons de notre rêve une réalité!

Le Programme pro-pauvre que je vous propose est ambitieux, il est à notre portée. Nous allons nous approprier la démarche de l’ONU, en faire nôtre et l’amplifier dans le contexte post-OMD d’aujourd’hui.

Nous allons donc lutter pour éradiquer la pauvreté, le plus vite possible! Ce sera «La Grande Cause Nationale» de notre RDC!

Pour cela, nous allons mobiliser toutes les énergies, tous les moyens de l’État et tous les appuis extérieurs pour les faire converger vers ce dessein commun, dont la réalisation va reposer sur trois piliers:

L’homme, le moteur du développement de notre pays, Une croissance économique productrice d’emplois et protectrice de l’environnement, Une société solidaire pour garantir la cohésion nationale.

Les quatre-vingt millions des Congolaises et des Congolais seront le principal facteur du développement de notre pays.

Je veux une croissance économique forte, soutenue, de 25% par an en moyenne, qui sera créatrice d’emplois et protectrice de l’environnement alors que, dans le même temps, notre population va croître de 3% en moyenne par an.

Avec le peuple congolais, je veux sceller un «Pacte social» pour bâtir une société solidaire, garante de la cohésion nationale.

Mon Programme Sera réalisable en dix ans, le temps de deux mandats présidentiels de cinq ans.

En 2018, le revenu moyen annuel d’un Congolais (en USD courants) est de 458 par an, c’est-à-dire 1.25 dollar par jour, alors que la part du budget dans le PIB n’est que de cinq milliards USD.

Mon ambition est de sortir notre nation de cette situation indigne et de la faire accéder au bien-être, en portant cet indice à $ 4.288 par an, soit S 11.75 par jour. Pour assurer le coût de ce programme, nous mobiliseront une enveloppe budgétaire de 86.71 milliards soit 25% du PtB-N, qui sera répartie sur dix ans.

Mais, le progrès ne vaut que quand il est partagé.

La redistribution équitable de ce revenu sera au coeur de la nouvelle politique que je .vais impulser et dont l’axe central est la promotion d’une société performante et solidaire.

Mais, de même qu’on ne peut redistribuer ce qui n’a pas été préalablement produit, il est inadmissible qu’une caste de privilégiés s’accapare de la quasi-totalité du revenu national, fruit du travail de tous, chacun pour sa part.

Notre pays se classe parmi les États les plus pauvres et les plus inégalitaires du monde. Il sortira par le haut de ce statut humiliant actuel.

Il rejoindra les nations qui sont classées parmi les pays émergents, avec pour ambition le bien-être collectif.

Chers Compatriotes, tel est le sens de MON ENGAGEMENT. Si vous voulez bien m’accorder votre confiance, j’en serai comptable devant vous, sur mon Honneur et sur ma conscience.

Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO

 

 

Nous héritons d’une société en déclin

 

Nous sommes une jeune nation.

 

En cette année électorale 2018, la RDC a célébré son 58ème anniversaire. Mais, c’est un temps bien trop long pour toutes celles et pour tous ceux qui souffrent. Ils sont en droit de juger des dirigeants politiques qui n’ont pas su fixer le meilleur cap pour tous.

L’insupportable est que le pouvoir actuel, hors mandat, a mis notre pays en danger de mort. A nous et à nos enfants, il lègue une société en déclin.

 

En RDC, la réalité des faits dépasse ce qui était imaginable.

 

De ce pays au passé glorieux et prestigieux, le régime en place a fait une vaste prison à ciel ouvert et un mouroir, oui, un tombeau noir et profond. Au coeur de notre République, le poison s’est niché et s’est répandu. Il génère la violence d’Ëtat et il produit un contre-modèle de société.

Le Peuple congolais peut croire un instant être sorti des ténèbres mais. comme au lendemain d’une guerre, il se retrouve dans un pays pillé, détruit, épuisé, dans une situation qui lui fait craindre le pire.

Au Centre, à l’Ouest, au Nord et au Sud de la RDC, la plupart des Congolais ont faim et peinent à vivre décemment. Privés d’emplois, ils vivent dans des cités qui sont des dépotoirs d’immondices.

Ils endurent des maladies de toutes sortes pendant que l’État ne prend pas en charge la santé de sa population alors qu’il existe une institution de la sécurité sociale.

Hier comme aujourd’hui, la plupart des Congolais n’ont accès ni à l’eau potable ni à l’électricité. Des mères de famille croulent sous la responsabilité de nourrir maris et enfants au moyen d’expédients. Les jeunes filles et les jeunes garçons vivent déboussolés, privés d’un système éducatif digne et . certains veulent même fuir leur patrie.

 

 

La pauvreté gagne du terrain, à vue d’oeil. Le citoyen congolais est incompris, torturé, affamé, mal soigné, mal scolarisé, chômeur ou mal payé, exilé dans sa propre patrie. Il est en quête du mieux vivre. Il sait que sa misère au quotidien n’est pas une fatalité.

Des nations, aujourd’hui développées ou émergentes, ont connu cette pauvreté. Mais elles ont réussi à lui tordre le cou grâce à des choix collectifs judicieux.

Pour la RDC, J’heure d’opérer un choix qualitatif, c’est maintenant.

 

Il faut faire de notre rêve une réalité

 

Notre RDC est un immense territoire logé au coeur de l’Afrique. Notre situation nous interpelle. Elle suscite en nous une révolte féconde, qui nous rend utile à notre pays, à notre nation, à notre société, à notre peuple.

Générer la Force du Droit, développer la Conscience Nationale, voilà la vision que nous voulons partager avec vous tous, hommes, femmes, adultes, jeunes, vous tous qui êtes du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Centre de notre pays.

Unis, nous pouvons changer le cours de notre histoire. Forgeons dès maintenant, la voie qui conduira notre patrie. Elle ne sera plus seulement un pays «potentiellement riche».

Ce rêve de destin solidaire, nous en avons une perception concrète. Congolaises et Congolais, écoutez ce cri du coeur qui nous interpelle.

 

Voyons ce rêve!

 

Imaginons que, sans corruption, sans confusion ni mélange des genres, sans répression politique, mais avec la Démocratie et la bonne Gouvernance, la RDC deviendra un État de droit.

Imaginons que, partout dans nos villes et dans nos campagne;;» la vie sera paisible.

Imaginons que nos frontières seront protégées par une Armée dissuasive.

Imaginons que la vie au quotidien sera sécurisée à l ‘intérieur du pays par une Police républicaine et qu’une Justice y dira le Droit avec équité.

Imaginons que nous ne serons plus réveillés par des odeurs d’immondices nauséabondes, mais par des cris d’enfants qui, après avoir consommé un verre d’eau potable et un bol de lait frais, seront heureux d’aller retrouver de vraies salles de classes équipées, dotées d’enseignants compétents et motivés, avec du matériel didactique moderne.

Imaginons que des étudiants fréquenteront des établissements de formation technique, des Instituts d’enseignement supérieur ou universitaire qui dispenseront un savoir de qualité, dans des bâtiments décents, avec des bibliothèques, des équipements informatiques, des restaurants et des latrines modernes.

Imaginons nos cités débarrassées de leurs bidonvilles dégradants. A Kinshasa par exemple, imaginons que dans des quartiers tels Mpasa à Nsele, Mokali à Kimbanseke, ‘Kongo à Ngaliema ou encore Kauka à Kalamu, dans ces quartiers proches du Centre-ville, la vie de tous les jours ne rimera plus avec insécurité, pauvreté, maladies, insalubrité. Nous aurons purement et simplement rasé tout, pour le remplacer par des cités du type «Cité Salongo», un habitat comme jadis, bâti en dur, bénéficiant des loyers accessibles aux gagnes-petits, connecté au tout•à-l’égout, à l’eau potable et à l’électricité.

Imaginons le sourire des mamans qui, leurs bébés sur le dos, feront la queue devant de nombreux Centres de Santé et des Foyers Sociaux qui disposeront de tout le nécessaire et qui seront répartis dans tous nos Territoires et dans toutes les Communes de notre République -avant d’aller faire leur marché où les règles d’hygiène seront respectées.

Imaginons notre société civile constituée non par des politiciens déguisés, mais par de vrais corps de métiers, des ouvriers, des agents de maîtrise,

des cadres, des artisans, des avocats, des professeurs, des médecins, des ingénieurs, des architectes, des juristes, des économistes, des banquiers et tous ceux qui sont utiles. Et puis les musiciens et tous les autres artistes, les footballeurs et tous les sportifs, vivront .correctement de ce qu’ils savent faire, chacun dans son domaine.

Imaginons, au service effectif du citoyen , une Fonction publique dont les effectifs et les organigrammes seront maitrisés. Le barème salarial dit de «Mbudi» y sera appliqué, attirant le meilleur de la jeunesse congolaise, toute la jeunesse congolaise, dans toute sa diversité, sans aucune distinction.

Imaginons que le climat des affaires sortira de la morosité et deviendra transparent, débarrassé de la corruption, du harcèlement fiscal et de l’insécurité juridique et judiciaire. Alors, il sera à ce point attrayant et rassurant que des entreprises, nationales comme étrangères, investiront partout sur l’intégralité du territoire national, pour créer des millions d’emplois productifs correctement rémunérés. Voilà de quoi permettre l’émergence d’une classe moyenne, le retour au pays des Congolais de l’étranger et la visite de dizaines de millions de touristes curieux de la faune d’exception et de la flore luxuriante dont dispose notre pays.

Imaginons l’industrialisation du pays, par la création des sociétés minières locales qui emploieront des Congolais, pour transformer sur place les richesses de notre sol et de notre sous-sol, afin de les vendre à des entreprises congolaises qui oeuvreront notamment dans le bâtiment, dans les télécommunications et les transports.

Imaginons la création d’un cercle vertueux pour l’utilisation de notre cobalt, de notre coltan, de notre pétrole, de nos forêts au profit des Congolais. Et que, saisissant cette opportunité, Tesla, Samsung et autres géants de l’industrie viendront créer des usines en RDC où se trouvent et la matière première et les ressources humaines compétentes.

Imaginons que le tourisme sera devenu l ‘une des premières industries productrices de recettes de l’État. Qu’à cet effet, des conditions attrayantes seront créées pour accueillir chaque année des millions de touristes , attirés par les atouts exceptionnels dont dispose la RDC; il s’agit notamment de la diversité climatique, de la faune, de la flore, avec ses nombreuses espèces dont plusieurs spécimens emblématiques parmi lesquels l’okapi, le bonobo, le gorille de montagne, le gorille de plaine ou encore le paon congolais.

Imaginons que Niangara, Territoire qui abrite la stèle, indiquant le lieu  précis du centre de l’Afrique, sera devenu un Centre International de Recherche Géocentrique.

Imaginons que nos campagnes ne seront plus des brousses et des forêts sauvages, mais des prairies où l’on voit paître des vaches et des chèvres, où l’on voit également des plantations agricoles qui s’étalent à perte de vue, des rivières régulées, çà et là, par des micro-barrages pour fournir en électricité les villages avoisinants et en eau des forêts rationnellement gérées.

Imaginons des campagnes reliées aux centres urbains, par des infrastructures de transport modernes et régulièrement entretenues, qui faciliteront autant la livraison des produits agricoles, que les échanges purement commerciaux.

Imaginons que le peuple congolais vivra plus longtemps, sainement et épanoui dans un pays sans maladies endémiques. Un pays où, par exemple, le paludisme sera éradiqué notamment à la faveur d’un vaste Programme National d’assèchement des marais.

 

Tous les citoyens Congolais applaudiront.

 

Imaginer et rêver, pourquoi pas, c’est bien et gratuit! Mais comment faire pour que notre rêve devienne réalité?

Cet imaginaire désirable, c’est le contenu des politiques publiques que je veux réaliser, dans un délai de dix ans, en mettant tous mes compatriotes au travail.

Ainsi, ils auront Dignité et Honneur!

Rassemblés, nous avons le pouvoir de faire que nos enfants et nous-mêmes puissions vivre notre rêve. Ce serait un fait inédit dans l’histoire de notre pays, dans un futur que je chiffre à 10 années.

Il n’y a pas de fatalité à subir l’opprobre et à vivre la misère. Nous pouvons et nous allons sortir notre pays de son marasme. Une seule condition : changer le système économique et politique dans lequel survit notre présente société, injuste et décadente.

Une RDC mise ainsi en mouvement, aura vocation à tirer l’Afrique toute entière vers le haut. A l’échelle mondiale, notre RDC sera un nouvel Eldorado, c’est-à-dire, un des rares lieux où il sera encore possible de gagner sa vie, malgré les crises qui se succèdent et qui se propagent de par le monde.

C’est pour répondre à ce défi que mon Programme est conçu. Je le propose aux Congolais et je leur dis comment initier le chemin de sa mise en chantier.

Mieux encore, l’ordre du jour de ce Programme consiste à donner à l’actuelle génération de la jeunesse congolaise l’opportunité d’accéder, dans un délai prévisible, au bien-être qu’elle mérite.

Aux termes de ce Programme, la RDC sortira de la pauvreté qu’elle connaît d’une manière persistante depuis 1960 et qui s’est aggravée pendant les dix-sept ans de règne du pouvoir sortant.

L’ambition ainsi affichée dit la profondeur de ma conviction et de ma détermination. La RDC, gouvernée et administrée de façon propre et convenable peut être remise sur les bons rails et rattraper le retard que ce géant, endormi depuis trop longtemps au coeur de l’Afrique, a pris sur les autres nations de sa taille.

Nous figurerons à notre tour au tableau des pays émergents.

Au regard de l’ampleur de la tâche, traduire une telle vision dans la réalité, requièrt un délai de dix ans, incompressibles. C’est un temps réparti en deux mandatures de cinq ans chacune.

Les objectifs poursuivis par cet ambitieux Programme seront évalués à mi-parcours, démocratiquement, lors de l’échéance électorale qui viendra dans cinq ans.

Oeuvre d’espérance et féconde, mon programme postule l’union des Congolais pour bâtir un Congo plus beau, un pays en paix, stable et prospère, pour lui-même, pour le reste de l’Afrique et du monde.

Nous venons de loin et nous avons conscience que, pour atteindre le niveau élevé de cette ambition que nous nourrissons pour notre pays, des réformes volontaristes devront être menées. Ces réformes s’entendent d’abord, sur le plan général et dans les domaines régaliens.

Comme préalable à son redressement, la RDC doit devenir un État moderne c’est-à-dire normal.

Des réformes doivent être menées dans les secteurs clé, qui concourent à la réalisation de ce Programme.

Mon Programme est ambitieux. Nous voulons Vaincre la Pauvreté, C’est La Grande Cause Nationale

Une fois le pays devenu, grâce à des réformes volontaristes, un État moderne, autrement dit un État normal, il s’agira de s’appuyer sur 3 piliers pour Vaincre ce fléau qu’est la Pauvreté :

L’Homme, La Croissance Économique La Solidarité nationale.

 

Fonder un Etat moderne

 

D ‘aucuns ont qualifié la RDC de «non-État». C’est une litote! La RDC est en réalité comparable à une jungle dans laquelle opèrent des marchands véreux qui jouissent d’exorbitants privilèges et qui traitent par l’arbitraire le reste de la population.

Transformer un tel pays en un État digne de ce nom, est donc non seulement une exigence morale mais aussi un préalable à son Redressement Économique et Social. C’est pourquoi des réformes courageuses, des actions volontaristes, seront menées sur le plan général et dans les domaines régaliens.

 

CONFORTER NOTRE DÉMOCRATIE

            La Constitution de la RDC, qui trempe ses racines dans les conclusions du dialogue inter-congolais de Sun-City, interdit à tout individu, quel qu’il soit, de briguer une troisième fois la Magistrature Suprême.

Elle stipule qu’en RDC le pouvoir, qui s’acquière par les urnes, s’exerce par les voies démocratiques et sa finalité consiste à procurer au pays la Paix et la Stabilité en vue de son Développement.

C’est donc à juste titre que la disposition y afférente a été verrouillée par le législateur de la Loi fondamentale. Celle-ci n’a pas d’alternative, elle demeure opposable à tous. Mais, obtenir la tenue des élections crédibles, libres et transparentes, sur base des lois en la matière, est un défi que nous entendons relever de toutes nos forces.

Pour ma part, je m’engage à respecter notre Constitution, qui fait de la RDC, dans ses frontières de 1960, un État avec son territoire, sa population et sa souveraineté.

 

RESTAURER L’ÉTAT DE DROIT ET DONC SON

AUTORITÉ

 

La réalisation de ce Programme postule, avant tout, que notre pays cesse d’être un non -État pour devenir un État de Droit. Un État capable de gérer et de défendre ses frontières, d’asseoir une administration efficace autant que d’exercer son autorité sur toute l’étendue du territoire national.

Un État à même de maintenir l’ ordre public, d’assurer la sécurité judiciaire et juridique des personnes ainsi que de leurs biens . Un État capable de conduire une diplomatie adulte et une politique extérieure responsable, sur base du principe gagnant~gagnant. Un État à même d’intégrer la nouvelle conception des frontières, conséquence de la mondialisation et de la globalisation.

Toutes ces missions de l’État, qui couvrent les domaines dits régaliens, seront sanctuarisées et ne devront faire l’objet d’aucune sous-traitance.

Enfin, dans ses nouvelles missions de progrès, la RDC devra devenir un État capable d’instaurer sur la totalité du Territoire un Climat propice aux Affaires.

 

Réformes proposées dans le domaine de la Défense nationale

Nous allons doter la RDC d’une politique claire et opérationnelle en matière de défense, de sécurité et de maintien de l’ordre public, afin d’instaurer la paix et la stabilité, qui sont des préalables à l’administration de l’ensemble du territoire national en vue de son développement.

Nous allons faire reposer notre politique de défense et de sécurité sur six attitudes stratégiques: connaître, prévenir, anticiper, dissuader, protéger et si le devoir l’impose, intervenir.

Nous allons faire un Plan de cinq ans pour « Une Nation, une Armée».

L’objectif de ce Plan sera de pourvoir, en cinq ans, la RDC, d’une Armée  digne de ce nom, dont les principales missions seront:

Protéger le territoire national à ses frontières et à l’intérieur du pays, Éradiquer les groupes armés et les milices, qui ont transformé, notamment l’Est de la RDC , en un sanctuaire où l’on viole, pille et tue en toute impunité.

Nous allons doter le Plan « Une Nation une Armée» d’un budget conséquent. Ce fonds, dont la gestion fera l’objet d’une instruction particulière du Gouvernement, sera financé en partie par le trésor public et pour l’autre partie, par des partenaires extérieurs.

Nous allons présenter aux bailleurs de la MONUSCO, une feuille de route, étayée, indiquant les étapes de fin de cette Mission en RDC au bout de 5 ans d’une part et, d’autre part, motivant la nécessité de réorienter une partie de leurs contributions dans les besoins de la mise en oeuvre du Plan « Une Nation une Armee».

Nous allons mettre en évidence l’un des éléments de l’agenda de notre Plan qui sera de prendre le relais de l’accomplissement des missions actuellement dévolues à la MONUSCO.

Nous allons instruire le nouveau gouvernement, devenu volontariste et disposant d’une vision claire dans sa politique en matière de défense et sécurité de ne plus sous-traiter par l’étranger ce secteur régalien.

Nous allons veiller à ce qu’au sein de cette nouvelle armée, qui comprendra des Forces Spéciales, un nombre suffisant de ces corps d’élites soient commises à la lutte contre le terrorisme et le pillage des ressources naturelles.

Nous allons former au sein de l’armée des unités spécialisées pour intervenir efficacement lors des catastrophes naturelles et dans les travaux de génie civile.

Nous allons accélérer et parachever l’intégration en cours des Forces Armées Congolaises (FARDC) actuelles, comme l’un des mécanismes de l’édification de la nouvelle Armée.

 

Nous allons redonner à la jeunesse congolaise le goût de s’engager à servir sous le drapeau .

            Une nation de 80 millions d’âmes, doit pouvoir trouver un pour cent  (800.000) de garçons et de filles prêts à recevoir une éducation civique, une formation générale et spécifique, et un entraînement militaire adéquat pour être en mesure de défendre la patrie à tous les niveaux de grades de l’Armée.

Nous allons réhabiliter les centres de Kota-Koli au nord, Kamina au sud, Kitona à l’ouest et Kananga au centre, les équiper en matériels militaires et les doter d’instructeurs de haut niveau dans le but de disposer, chez-nous, des infrastructures nécessaires à l’édification et à l’entretien de notre Armée Nationale.

Nous allons établir des passerelles vers la vie civile pour les militaires qui auront atteint la limite d’âge ou de la durée de service.

Nous allons inciter au départ volontaire par l’octroi de pécules adaptés et nous proposerons des options de reconversion dans la vie civile.

Nous allons mettre fin à l’absence chronique de discipline au sein de l’Armée, qui est en fait, aujourd’hui, un corps quasiment sans âme.

Nous allons prendre des mesures vigoureuses pour supprimer les causes de cette indiscipline. Elles concerneront, entre autres, le standard et le mode de recrutement, les vivres, les soldes, la formation et la promotion en grades des militaires, tout autant que les conditions de casernement de ces derniers.

Nous allons doter l’Armée, non seulement d’un Code de conduite, mais également de modalités de son respect associées à un barème de sanctions, positives et négatives, sans lesquelles tout discours sur la discipline est dérisoire.

Nous allons, pour réaffirmer le caractère républicain et apolitique de notre armée, prendre les mesures idoines pour sanctionner la détention illégale d’armes. Cette mesure sera d’application sur toute l’étendue du Territoire national et, d’une manière particulière dans l’Est du pays.

 

Réformes proposées dans le domaine de la Sécurité Intérieure et de l’Administration publique

Depuis la Rome antique, dans une République digne de ce nom, les militaires ne sortent des casernes que pour accomplir leurs missions spécifiques. C’est pourquoi les tâches suivantes sont dévolues à la Police:

– Assurer la sécurité des personnes et de leurs biens,

– Lutter contre la criminalité et la délinquance,

– Maintenir l’ordre public,

– Réprimer les infractions pénales,

– Fournir le renseignement et l’information pour prévenir toute menace susceptible de porter atteinte à l’ordre public,

– Protéger les symboles de nos institutions.

Nous allons mettre sur pieds, une Police nationale chargée de faire respecter la loi par tous, en toutes circonstances et d’une manière égale. Cette institution pourra rassurer et donc sécuriser les habitants et leurs biens, partout dans le pays.

Nous allons veiller à ce que la Police nationale accomplisse les missions qui lui sont dévolues, dans un esprit Républicain. Pour ce faire, nous appliquerons à la Police, mutatis mutandis, les mesures énoncées pour le Plan «Une Nation une Armée».

Nous allons procéder à une réforme en profondeur des Services de Renseignement, sclérosés depuis l’époque du Maréchal Mobutu, pour en faire un corps professionnalisé, conforme aux standards de notre époque.

Nous allons procéder à la fermeture des cachots et autres endroits de détentions illégales.

Nous allons rendre les Services de Renseignement aptes à assurer leurs missions à l’État et dans tout le pays, plutôt que d’être commis au service d’un individu, soit-il le Chef de l’État.

Nous allons rationaliser le processus de la décentralisation afin de permettre à chaque entité décentralisée, quelle que soit sa taille, de contribuer à son propre développement.

Nous allons revisiter la restructuration des Entités décentralisées, qui a été effectuée dans la précipitation en vue de semer la confusion à l’approche des échéances électorales de 2016. Nous lancerons un processus de décentralisation graduelle et maîtrisée. A cet effet, nous nous engageons à réécrire la loi sur la programmation du découpage territorial.

Nous allons permettre aux entités décentralisées de pouvoir disposer des moyens de fonctionnement qui soient en adéquation avec leurs attributions et leu rs ch arges.

Nous allons mettre l’Administration publique à niveau, pour qu’elle puisse mieux concourir à l’efficacité et à la continuité des services que l’État met à la disposition du citoyen.

Nous allons assainir, restructurer et dépolitiser l’Administration publique pour en faire un outil efficace dans l’accomplissement de ses missions régaliennes et sectorielles de l ‘État.

Nous allons accorder une attention particulière à la revalorisation de la Fonction publique. Les mesures qui seront prises concerneront notamment: le cadre organique, le recensement des effectifs et le statut de ses Agents.

Nous allons instaurer un dialogue permanent et constructif, entre partenaires sociaux, en vue d’améliorer le barème des rémunérations et les conditions de travail des fonctionnaires et agents de l’État.

Nous allons mettre en place un système d’évaluation des agents des services publics et procéder au rajeunissement dans le secteur, en recrutant de nouvelles unités sur base des tests de compétence à l’embauche.

Nous allons réhabiliter, progressivement, les locaux des services de l’Administration publique et assurer leur rééquipement, en vue de permettre aux fonctionnaires d’accomplir leur travail, dans de conditions décentes.

Nous allons améliorer le système de retraite des fonctionnaires et agents de l’État.

Nous allons permettre à l’Administration publique d’effectuer un saut qualitatif dans le numérique, en lui dotant d’un Schéma Directeur des Systèmes d’lnformation (SDSI) fiables, efficients et sécurisés permettant non seulement, d’assurer la communication des données et leur valorisation à des fins de définition et de pilotage des politiques publiques, mais aussi et surtout, d’identifier les solutions synonymes de bonne gouvernance devant mener à la performance et à l’efficacité de l’Administration publique.

 

Réformes proposées dans le domaine de la Justice

 

Nous allons donner des moyens conséquents à l’État pour lui permettre de remplir les missions dévolues à un État moderne.

Nous avons édifié un État de droit dont [‘organisation et [e fonctionnement obéissent au principe de la prééminence du droit et de la loi, en ce compris, le respect des accords et traités internationaux.

Nous allons débarrasser la Justice des antivaleurs telles que le trafic d’influence, l’abus de pouvoir, le favoritisme et le tribalisme, la concussion, la crise d’autorité, la lenteur administrative, le dysfonctionnement des organes judiciaires.

Nous allons équilibrer le pouvoir d’ État par de véritables contrepoids, afin de rendre la démocratie pluraliste et viable de façon durable. A cet effet, nous présenterons au Parlement un projet de loi, pour garantir et consolider la protection de la presse et de sa liberté, des activistes et des organisations de défense des droits humains. Nous procéderons également à la relecture des lois sur la liberté d’expression et d’association.

Nous allons rendre à la Justice son indépendance par la séparation des pouvoirs classiques, par l’amélioration des conditions de travail du personnel judiciaire et par la dotation d’un budget conséquent.

Nous allons assurer l’impartialité de la Justice, par un contrôle hiérarchique objectif permanent et un régime disciplinaire exemplaire de la part du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Nous allons rendre à la Justice l’efficacité dont elle a besoin, par une remise à niveau régulière, particulièrement de la Police judiciaire, notamment par l’initiation aux technologies nouvelles de l’information, par le contrôle des procédures pénales et de leur exécution dans les maisons carcérales et par le combat contre la lenteur administrative. (A SUIVRE)

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