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Brésil : Des centaines de milliers de Brésiliens disent « dehors » à Dilma Rousseff

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A Sao Paulo, fief de l’opposition, 350 000 personnes, selon la police, un million selon les organisateurs, ont défilé. Ici l’avenue Paulista. Crédits : PAULO WHITAKER / REUTERS

A Sao Paulo, fief de l’opposition, 350 000 personnes, selon la police, un million selon les organisateurs, ont défilé. Ici l’avenue Paulista. Crédits : PAULO WHITAKER / REUTERS

Une nouvelle journée de manifestations a eu lieu dimanche 16 août au Brésil pour exiger le départ de la présidente, Dilma Rousseff, aux prises avec le vaste scandale de corruption Petrobras, qui éclabousse sa coalition de centre-gauche.

Les organisateurs – des mouvements citoyens de droite soutenus par une partie de l’opposition – avaient appelé à manifester dans plus de 200 villes. Pour la plupart vêtus de vert et jaune, les couleurs du drapeau brésilien, les participants ont défilé dans le calme et dans une ambiance familiale dans la capitale Brasilia, à Belo Horizonte, Recife, Salvador, Belem, ou encore Sao Paulo, capitale économique du pays et fief de l’opposition.

A travers le pays, les manifestants étaient entre 866 000 selon la police, 2 millions selon les organisateurs, qui estiment ainsi être parvenus à rassembler deux fois plus de personnes que lors de la journée de contestation du mois de mars, quand au moins un million de Brésiliens étaient descendus dans les rues. La participation est quoi qu’il arrive supérieure aux manifestations du mois d’avril, qui avaient réuni 600 000 personnes.

Selon la police, 350 000 personnes ont défilé dans l’après-midi sur l’avenue Paulista, au cœur de Sao Paulo, tandis que l’institut Datafolha avance le chiffre de 135 000 seulement. A Rio de Janeiro, qui accueillera dans un an les Jeux olympiques, le parcours de l’épreuve test de cyclisme a été en partie modifié pour permettre une manifestation le long de la plage de Copacabana.

Le gouvernement a considéré que les manifestations « s’étaient déroulées dans le cadre démocratique », selon un bref communiqué d’Edinho Silva, le ministre des communications de la présidence.

La présidente la plus impopulaire depuis 1985

Réélue difficilement en novembre pour un second mandat de quatre ans, la présidente pâtit également de la crise économique et des mesures d’austérité qu’elle a imposées après avoir pourtant rejeté cette hypothèse lors de sa campagne électorale.

Mme Rousseff, 67 ans, est désormais la présidente du Brésil la plus impopulaire depuis la fin de la dictature militaire, en 1985. Sa cote de popularité est tombée à 8 %. La présidente avait été réélue en octobre avec une marge étroite de votes (51,6 %) sur son adversaire Aécio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (Partido da Social Democracia Brasileiro, PSDB).

« Le gouvernement dépense mal l’argent, les hommes politiques volent et détournent d’énormes sommes et c’est la population qui doit trinquer ? Non ! », affirment dans leur convocation sur Internet les porte-parole du mouvement Vem pra rua (« Viens dans la rue »). Il est l’un des principaux organisateurs des manifestations avec le Mouvement Brésil libre (MBL), qui se définit comme la « nouvelle droite », et Revoltados on line (« Révoltés en ligne »)

Les manifestations cette année ont déjà rassemblé au total quelque trois millions de personnes dans les rues pour une population de 204 millions de Brésiliens. Cependant, il s’agit souvent de groupes hétéroclites qui clamaient leur refus du Parti des travailleurs (PT, gauche), au pouvoir depuis douze ans.

Le pays au bord de la récession

Certains groupes très minoritaires vont jusqu’à revendiquer le retour des militaires, au pouvoir de 1964 à 1985. Les manifestations de dimanche ont pour la première fois le soutien explicite du PSDB. « Assez de tant de corruption, mon parti est le Brésil », a déclaré M. Neves, en participant à la manifestation de Belo Horizonte, dans son Etat du Minas Gerais.

Le Brésil, septième économie de la planète, est au bord de la récession avec une inflation de 9 % sur les douze derniers mois. Mais la présidente tient bon : « Je continuerai à travailler pour honorer et réaliser vos rêves », a-t-elle promis mercredi à l’issue d’une manifestation de 35 000 femmes de zones rurales qui ont défilé à Brasilia pour la soutenir.

Un article de Le Monde

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